LOI HYDRO EN TROMPE-L'ŒIL & DÉFIS STRATÉGIQUES CHEZ EDF SA
Loi sur l'hydroélectricité votée, canicules extrêmes, cession des renouvelables et financement de l'EPR2 : analyse et revendications des élus et administrateurs salariés CGT.
Issue de la commission mixte paritaire, la loi sur le régime d'autorisation de l'hydroélectricité est présentée comme une relance après plus de 15 ans de blocage. Mais derrière l'habillage politique, la FNME-CGT dénonce un texte sans avancée pour les usagers ni pour les salariés, qui accélère la mise en concurrence et fragilise notre patrimoine public.
| Ce qu'on nous promet | Ce qu'il faut en penser (Constat CGT) |
|---|---|
| Grande relance industrielle | Une relance en trompe-l'œil : seulement quatre projets réellement engagés, le reste à l'étude ou déjà abandonné faute d'acceptation locale. Pas de création d'emplois statutaires. |
| Sortie du contentieux européen | Annoncée publiquement mais écrite nulle part, sans aucune garantie noir sur blanc. Négociée au prix de lourdes concessions au marché. |
| Maintien de l'exploitation nationale | Pilotée par quelle entité ? L'Agence des participations de l'État (APE) gère EDF comme un actionnaire financier et non dans une logique de service public. |
| Propriété publique préservée | La seule réelle avancée de façade. Mais une propriété publique exploitée par des opérateurs privés via des « droits réels » quasi perpétuels prive l'État de tout contrôle démocratique effectif. |
Priorité au marché & dumping social
6 000 MW livrés à la concurrence : La loi impose des enchères au détriment du bien commun, alors que l'hydraulique gère 80 % des ressources en eau de surface et leurs multi-usages.
Zéro avancée sociale : Aucune extension du statut des IEG. Sur un même ouvrage, le dumping social perdure entre salariés statutaires et sous-traitants.
Zéro baisse de facture : L'énergie hydraulique, pourtant largement amortie et compétitive, ne servira pas à faire baisser les tarifs des usagers.
Sûreté hydraulique & risque de filialisation
Sûreté fragilisée : La loi privilégie la rentabilité et le volume de production au détriment de la sûreté, une dérive dangereuse face aux crues et phénomènes climatiques violents.
Petite hydro bradée : Maintien de deux régimes distincts sous 4,5 MW, exposant la « houille blanche » à un découpage morceau par morceau.
Porte ouverte à Hercule : Création de sociétés anonymes, sorties d'actifs et filialisation facilitée : les outils juridiques du démantèlement sont prêts.
La dernière lettre des administrateurs salariés parrainés par la CGT (N°106) met en garde contre les décalages croissants entre le discours officiel du groupe et ses arbitrages industriels.
Points de tension au Conseil d'Administration
- Climat Canicule et résilience industrielle : Dilatation des câbles de transport, contraintes thermiques extrêmes sur les postes électriques, fragilité des réseaux non rénovés et pics de climatisation. Les investissements d'adaptation doivent être reconnus comme stratégiques, et les conditions de travail des salariés sur le terrain immédiatement renforcées.
- Réseau Modulation & stabilité européenne : Le parc de production EDF garantit le tiers de la stabilité du réseau électrique européen. EDF n'a pas à compenser gratuitement les déséquilibres de nos voisins et doit être justement rémunérée pour son apport en inertie.
- Cessions Vente des renouvelables en Amérique du Nord : Cession actée d'actifs performants et de compétences bâtis sur le long terme, alimentant la morosité en interne et questionnant la cohérence industrielle du groupe.
- EPR2 Financement et compétences nucléaires : Six réacteurs estimés à 72,8 milliards d'euros, sous enquête de la Commission européenne. La CGT exige une politique ambitieuse d'embauches statutaires et de formation pour réussir ce chantier.
- Europe Danger du « paquet européen sur les réseaux » : Risque de ponction des revenus de congestion de RTE pour financer des infrastructures européennes, faisant de la France un simple corridor de transit et répercutant la facture sur les usagers français.


