« Dès qu'un droit collectif résiste, on lui trouve un nouveau nom. Une garantie devient un avantage, un conquis social devient un coût. Et avec un peu d'application, le salarié qui défend son contrat de travail finit par être présenté comme un privilégié. L'attaque contre le tarif agent reprend exactement ce scénario. »
Un élément de rémunération déjà fiscalisé
L'Avantage en Nature Énergie (ANE) est inscrit dans le Statut national des IEG. Il fait partie intégrante du contrat social des électriciens et gaziers et constitue un élément de leur rémunération globale.
Rappel des faits : depuis 2012, il est valorisé comme avantage en nature et supporte déjà cotisations sociales, CSG, CRDS et impôt sur le revenu. Les salariés paient déjà !
La méthode de la Cour des comptes
La Cour des comptes affirme que le tarif « ne peut demeurer en l'état » et préconise de plafonner les volumes éligibles, d'en réduire progressivement l'avantage et d'alourdir brutalement sa base fiscale et sociale.
On ne parle pas immédiatement de suppression : on avance masqué derrière des termes comme « moderniser », « plafonner » ou « rapprocher du droit commun ». Mais au final, qui paie davantage ? Toujours les salariés !
Avoir des droits collectifs serait-il devenu suspect ?
Dans son rapport, la Cour des comptes observe l'ensemble de nos garanties collectives sous l'angle unique de la charge financière. Derrière l'ANE, c'est l'ensemble de nos déroulements de carrière qui est visé :
- Grille L'ancienneté et la grille salariale attaquées : Considérées comme limitant l'individualisation des rémunérations, alors qu'elles récompensent l'expérience acquise et garantissent l'égalité et la transparence.
- Temps Heures supplémentaires et CET : Jugés « trop favorables » par rapport au droit commun ou trop coûteux pour les entreprises de la branche.
- Tutelle La menace de l'arbitrage gouvernemental : La DGEC (Direction Générale de l'Énergie et du Climat) est associée aux préconisations. La logique est limpide : négocier sous la contrainte, et si le résultat ne convient pas, l'État tranchera par décret.
Le refus du nivellement par le bas
L'UFICT-CGT refuse cette étrange conception du progrès social qui consisterait à toujours dégrader la situation de ceux qui ont des garanties pour les aligner sur le minimum.
Une évidence : personne n'améliorera la situation des salariés hors IEG en réduisant les droits des salariés des IEG. Aucun usager ne verra sa facture d'électricité baisser parce qu'un ingénieur d'Enedis, un cadre de GRDF ou un technicien paie plus cher son énergie.
La novlangue managériale démasquée
Performance, compétitivité, optimisation, maîtrise des coûts… Les cadres et techniciens connaissent bien ces mots qui reviennent en boucle dans les directions.
Des termes bien lisses pour masquer une réalité brutale : exiger toujours plus d'engagement, d'adaptabilité et de flexibilité aux agents, tout en cherchant sans cesse à réduire ce qu'ils coûtent.