CSE-C ENEDIS : AVIS NÉGATIF SUR LE « MOVE TO CLOUD » ET REFUS DE LA SOUS-TRAITANCE DES POSTES SOURCES !
Refus de dévoiler le fournisseur cloud, risques majeurs sur la souveraineté des données d'un OIV et passage en force sur la sous-traitance de nos métiers techniques : les élus CGT ont voté contre le projet M2C et ont claqué la porte de la séance face au mépris de la direction.
Souveraineté numérique et métiers techniques menacés
Derrière le projet Move to Cloud et la refonte de la politique industrielle, la direction d'Enedis enclenche deux régressions majeures : la dépendance numérique accrue auprès d'un fournisseur cloud dont elle refuse de donner le nom aux élus, et l'ouverture à la sous-traitance de la construction des postes sources, pourtant cœur de métier historique de nos agents statutaires.
Move to Cloud (M2C) : l'expertise Degest confirme les risques
Loin d'une simple migration technique, le projet transforme l'ensemble de la DSI sur quatre à cinq ans :
- Souveraineté des données : en tant qu'Opérateur d'Importance Vitale (OIV) et service public d'État, Enedis doit appliquer rigoureusement l'arrêté du 12 août 2026 (SecNumCloud 3.2). La doctrine partielle de la direction est insuffisante.
- Opacité inacceptable : la direction refuse de communiquer le nom du fournisseur cloud retenu, empêchant toute évaluation des risques juridiques extraterritoriaux et de dépendance (marché jusqu'à huit ans).
- Réversibilité non prouvée : aucune démonstration concrète n'a été apportée sur la capacité de restaurer le système ou de rapatrier les données en interne en cas de défaillance.
- Modèle « You Build It, You Run It » : report de charge sur les équipes internes avec des astreintes et de la maintenance logicielle sans garanties d'effectifs pérennes.
- Vote CSEC : avis négatif majoritaire (15 voix contre : 12 CGT, 3 FO ; 10 voix pour : 8 CFE-CGC, 2 CFDT).
Postes sources : la direction choisit l'esquive et la provocation
La modification de la note de politique industrielle vise à livrer au secteur privé la construction des postes sources :
- Manque flagrant de respect : après avoir obtenu le report du vote en juin, les élus n'ont reçu que des réponses parcellaires, la direction prétextant une ridicule « erreur d'adresse mail » pour ignorer les questions syndicales.
- Départ sans considération : le président du CSEC et DRHTS Nicolas Marchand a quitté l'entreprise sans adresser un seul mot aux représentants du personnel après quatre ans d'échanges.
- Départ de séance : face à ce mépris caractérisé du dialogue social et au refus de répondre sur le fond, la délégation CGT et une autre organisation ont quitté la séance.
Les exigences de la CGT Mines-Énergie
La modernisation des outils et des réseaux ne doit ni brader la souveraineté nationale ni démanteler les métiers statutaires :
- Souveraineté Garantie SecNumCloud intégrale : protection absolue des données stratégiques du réseau électrique contre les lois extraterritoriales et transparence totale sur le prestataire cloud retenu.
- Emploi statutaire Zéro externalisation sur les postes sources : la construction et la maintenance des ouvrages haute tension doivent demeurer à 100 % sous maîtrise d'œuvre et réalisation interne Enedis.
- Conditions de travail Maîtrise de la charge informatique : refus de l'explosion des astreintes et du double RUN sans moyens humains statutaires supplémentaires à la DSI.